La problématique du commerce électronique et du développement, s'apparente à l'éternelle question de l'oeuf et de la poule. Lequel doit précéder l'autre? Autrement dit, dans notre contexte caractérisé par la carence des infrastructures, à quoi faudrait-il accorder la priorité? Pour certains la question ne mérite même par d'être posée, vu que tout nous manque (cadre reglementaire, infrastructures, plates-formes de transactions), même si par la force des choses, nous sommes entrés à l'ère des "grandes ambitions".
Pour d'autres comme le Dr Victor Mbarika, les deux doivent aller de pair, car argumente t-il, le commerce électronique crée des emplois qui génèrent des revenus, qui à leur tour entrent dans le PNB du pays; donc le commerce électronique peut aussi entraîner le développement.
Rien n'est faux. Toutes ces thèses sont les facettes d'une même et unique réalité. Nous ajouterons seulement que toutes les stratégies de développement doivent avoir pour point focal, le développement de l'homme. Car de quelle importance peut être Internet pour des masses de paysans qui ne savent ni lire ni écrire, ne peuvent se faire soigner, ni manger à leur soif?
De quelle utilité peut être le commerce électronique pour le paysan de Furu Awa qui ne peut acheminer sa récolte dans les principales villes par manque de route? Le commerce électronique, avouons-le, à ce niveau a besoin d'un minimum d'infrastructures.
Mais sur un tout plan, il peut aider un certain nombre d'entreprises à saisir les opportunités qui s'offrent à elles sur le plan international pour peu de frais. Il ne s'agit pas simplement de développer un site web, mais de s'assurer de sa visibilité, et de son fonctionnement en temps réel.
Pour continuer notre débat ouvert il y a quelques semaines sur les chances du commerce électronique pour les pays en développement, le Dr Victor Mbarika répond à quelques unes de vos questions, surtout pour ceux qui s'intéressent aux Etats-Unis.
Bonne lecture
Daniel Loka (Media Access)
Media Access : Q'implique la notion d'e-commerce ?
Dr Victor Mbarika : L'e-Commerce est un terme large qui implique les mouvements des biens et des services à travers des moyens électroniques. Depuis quelques années, ces transactions électroniques ont été effectuées le plus largement sur Internet, c'est pourquoi la plupart des gens lient le commerce électronique à l'Internet. De nos jours, le Commerce électronique s'effectuent aussi à travers les médias sans fil, et est généralement désigné M-Commerce (Mobile Commerce).
M A : Est-ce un bon choix pour une petite entreprise d'investir dans le commerce électronique, sachant qu'il n'est encore qu'à ses débuts ?
V M : Bien sûr. Je pense même qu'il l'est d'avantage pour les petites entreprises parce qu'il les rend aussi compétitives que les grandes entreprises. Remarquez que, je ne dis pas que le simple fait de mettre une petite affaire sur Internet la rendra plus importante ou plus compétitive qu'une grande entreprise; Mais il la rend beaucoup plus visible qu'elle ne l'aurait été sans L'e-commerce.
M A : Quels conseils pouvez-vous donner aux entreprises africaines désireuses d'utiliser Internet pour exporter des biens et des services, compte tenu de la faiblesse des infrastructures dans les pays en développement ?
V M : FAIRE LE PLUS SIMPLE POSSIBLE. Ceci est très important, parce que construire des sites web très compliqués (pleins d'images) ralentit l'accès. Comme vous devrez le savoir, les vrais hommes d'affaires ne pourront pas passer des heures à télécharger vos produits. Aussi, construisez un site Internet aussi simple que possible. N'utilisez pas plus d'images et d'animations qu'il n'en faut.
M A : Dans votre première interview, vous avez dit que nos banques ont des problèmes d'infrastructures et de réseau. Ne serait-il pas plus judicieux de parler de la faiblesse du marché (opportunités), quant on sait que la plupart d'entre elles sont les filiales des banques internationales, qui appartiennent aux réseaux tels que MTS et Bondvision, leaders dans la gestion des plates-formes transactionnelles?
V M : J'avoue que c'est un vrai problème. Mais si vous vous rappelez, je n'ai pas forcément lié les problèmes d'infrastructures et de réseaux aux problèmes de stratégies. C'est à ce stade que vous et moi, n'y pouvons absolument rien. Les pays Africains doivent prendre leur courage pour mettre en place des règles pour ces investisseurs étrangers (les banques) pour établir des réseaux qui peuvent aider les nationaux à se lancer dans le commerce électronique. Le premier pas qui peut être franchi est de prévoir des cartes de débit (aussi appelées cartes chèques) de VISA ou MASTERCARD. Ces cartes fonctionnent comme des cartes de crédit, mais la différence est que l'argent provient directement du compte du détenteur de cette carte. Aussi la banque n'a pas à s'inquiéter si le détenteur de la carte ne rembourse pas l'argent ainsi emprunté comme c'est le cas actuellement. Lors de mon récent voyage au Cameroun, j'ai observé que très peu de banques offraient l'I-card. Mais, à ce que je sache, elles ne peuvent être utilisées pour faire des achats sur Internet. Cependant c'est un pas positif, et vivement que ces banques transformerons ces cartes, en carte de crédit et de débit.
M A : Aux Etats Unis qu'elle est la moyenne de visites pour une vente pour un site Internet ? Quelle place occupe l'e-commerce dans les affaires?
V M : Je ne suis pas assez certain avec les statistiques américaines sur la fréquentation des sites web; Mais les transactions électroniques sont assez développées dans les affaires. Même des entrepreneurs individuels ont développé des sites Internet pour élargir leur clientèle.
M A : Quels sont les principaux biens et services que les consommateurs américains achètent d'Afrique ?
V M : Le marché en pleine croissance est celui des objets d'art et des vêtements africains. Le secteur qui reste encore à explorer est celui des services, comme le tourisme. Pourquoi pas un site web camerounais sur le tourisme qui encouragerait les gens à venir découvrir les beautés du Cameroun? Bien entendu, il faudra faire face au problème de la douane à l'aéroport (c'est parfois très éprouvant); mais c'est un autre débat.
M A : Faire le e-commerce, c'est aussi prendre des risques. Quelles précautions les hommes d'affaires des pays en développement doivent-ils prendre quand ils traitent ou cherchent un partenaire sur le plan international
VM : Dans le cas des Etats-Unis c'est simple. Il suffit de contacter un organisme dénommé "Better Business Bureau" aux Etats-Unis pour vérifier le légitimité de l'affaire. Il est consultable à l'adresse : http://www.bbb.org/ S'il est possible, il serait intéressant d'avoir un partenaire local. Il pourrait mener des négociations contractuelles avec vos clients étrangers, et s'occuperait aussi des questions légales en cas de besoin. Nous ne le souhaitons pas, mais nous savons que cela peut arriver. En somme, le commerce électronique est un risque qui mérite d'être pris, sachant que n'importe quelle affaire peut aussi mal tourner.
M A : Existe -t-il des produits ou services appropriés pour le commerce électronique par rapport à d'autres?
V M : Pas vraiment. Le commerce électronique peut s'appliquer à n'importe quel produit qui pourrait être acheté face à face.
M A : Existe -t-il des sites web américains qui encouragent le commerce électronique entre l'Afrique et les Etats-Unis?
V M : Pas spécialement. Mais je conseille aux hommes d'affaires de visiter la chambre de commerce de l'Etat ou de la ville où il souhaite faire des affaires. La plupart des chambres de commerce ont un site Internet, que vous pouvez facilement trouver en effectuant une recherche avec Google.
M A : A votre avis, est-ce le développement qui entraîne le commerce électronique ou c'est l'e-commerce qui entraîne le développement dans notre contexte?
V M : Question très intéressante. Elle a été l'un de nos plus récent sujet de recherche. Je dirais tout simplement que les deux vont de pair et je m'explique : L'E-commerce crée des opportunités d'emploi, ces emplois créent des revenus, ces revenus améliorent le PNB du pays, et nous avons le développement qui à son tour, multiplie des opportunités d'e-commerce, si et seulement les pays africains apprennent à réinvestir.
M A : Vos souhaits...
V M : Je suis ravi de cette occasion qui m'a été donné de partager mes modestes connaissances sur ce sujet. Je sais que beaucoup auront certainement des choses à redire à propos. Aussi, vos commentaires sont attendues. J'aimerais que votre audience visite aussi le site Internet de mon université à l'adresse www.subr.edu et s'ils sont intéressés, s'inscrivent à notre programme "E-bussiness Major". S'ils le font, qu'ils m'informent pour que je puisse aussi consulter leur demande. Je voudrais voir mes compatriotes s'unir à ce que nous essayons de faire pour notre cher continent. Si vous êtes intéressé par nos recherches, vous pouvez visitez mon site Internet à l'adresse www.mbarika.com ou www.vmbarika.com pour plus d'informations.



victor tu devrais etre plus explicite encore et plus direct dans tes dire car je t'assure qu'ici au payys il y'a de petites entreprises qui s'en sortent avec le commerce electronique
Posted by: stella | May 20, 2005 at 08:44 AM